"L’arcane des épées : Le trône du dragon" de Tad Williams

Voisins lecteurs, cet article de critique « littéraire » est aussi un outil pour vous conforter dans l’idée de lire ou non le livre dont je vais parler ci-dessous. N’hésitez donc pas à signaler s’il vous a été utile ou pas, je peux corriger le tir 😉

« L’arcane des épées : Le trône du dragon » de Tad Williams

Ce bouquin fait partie d’une série d’achats faits sur un coup de tête : il y avait une promo sur fnac.com sur quelques romans de fantasy (-5% et ce sans avoir la carte de fidélité), j’ai pris quelques premiers tomes de sagas sans savoir sur quoi j’allais tomber.

Voici le premier d’entre eux : « Le trône du dragon » de Tad Williams, qui s’intègre dans une saga qui semble longue de 8 tomes. A peine lues les 10 premières pages, je suis allé me lamenter auprès de Galetophage me plaignant de tomber sur un énième gamin aux origines mal connues, perdu dans un énième chateau royal où se trame une énième guerre de succession pendant laquelle un énième fils indigne, conseillé par le Sauron local, montera sur le trône et fera des misères au digne fils, conseillé par l’équivalent de Merlin. Le monde est en danger-et-tout-et-tout et seul pourra le sauver ce candide protagnoniste dont le pouvoir grandira en puissance tout au long de la saga. Bref la Belgariade/Assassin Royal 2 le retour… Help !

Que je suis méchant, que je suis mauvaise langue !!

Certes tout est cousu de fil blanc, certes c’est un énième exercice de style mais pour une fois, je trouve que c’est relativement réussi. En fait même le mot « relativement » est de trop. Je suis toujours à me plaindre de mondes vides, de personnages creux ou peu originaux ou pire encore ce cliché que je vomis désormais, celui du candide qui entame une longue quête d’initiation et dans lequel le lecteur est sommé de s’identifier. Quête au bout de laquelle le lecteur et le protagoniste, exaltés, le souffle court et la larme à l’oeil devant les sacrifices faits, brandiront à l’unisson Excalibur au ciel, le pied posé sur le cadavre de je-ne-sais-quel boss de fin de niveau. J’en peux plus de ce schéma usé jusqu’à la corde et je suis écoeuré de voir à quel point il est réutilisé et à quel point il peut faire mouche dans le lectorat de la fantasy. A mes yeux, c’est à la fantasy ce que le boys-band est à la musique : du marketing.

Je veux du salarié : quelqu’un qui est dans le récit parce que c’est son boulot (comme dans Deepsix ?).
Je veux de la chute : un roi qui au début a déjà tout et qui crève à la fin de la saga dans le caniveau ignoré de tous (comme dans la saga d’Elric de Melniboné ?). Je veux du pourri : un bon gars qui arrive au bout du scénario en ayant écrasé son prochain (comme dans la Compagnie Noire ?), etc

Ben là, j’ai redouté à chaque page le moment où Simon (le protagoniste) découvrirait des pouvoirs magiques cachés ou une filiation avec le roi défunt. Que pouic ! C’est un blaireau, une pauvre petite chose paumée qui ne comprend rien à ce qui lui arrive et qui préfère prendre le soleil à rêvasser. Il se retrouve embarqué dans cette apocalypse qui se profile à l’horizon et il en chie. Pour l’instant, il ne sert à rien dans l’histoire et c’est ça qu’est bon. Durant ce premier tome, on oscille entre la consternation envers ce branleur et la compréhension quand on se rend compte qu’on était aussi con à son âge et qu’on aurait été tout aussi largué (du moins ça aurait été mon cas ^^). J’adhère totalement.

Accessoirement, Williams ne lésine pas sur les descriptions et ce fut un plaisir de « ressentir » les branches dans la tronche et l’odeur de l’humus de la forêt de Aldheorte alors que j’avais la tête posée sur l’oreiller.

Je clos ce premier tome sur une bonne impression mais j’ai quand même le vague sentiment que Tad Williams ne fait que prendre son temps pour dévoiler les secrets liés à Simon, que finalement ce dernier sauvera le monde alors que je voudrais qu’il continue à n’être qu’un spectateur inutile… Wait and see…

 

initialement publié le 31/1/2009

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